Le Centre de Compétences en pleine mutation ?
Si on pose cette question à dix directeurs des systèmes d’information (DSI) différents…
– Qu’est-ce qu’un Centre de Compétences SAP ?
… on risque d’obtenir dix réponses différentes.
C’est à la fois la richesse et la malédiction de ce concept qui existe depuis les années 90, qui a déjà traversé trois décennies de transformations technologiques et qui, en 2026, se retrouve au cœur d’une nouvelle évolution.
Le Centre de Compétence SAP, autrement nommé Center Of Excellence (CoE) pour les anglophones, est bien plus qu’une simple équipe de support SAP.
C’est la colonne vertébrale de la gouvernance du système SAP dans l’entreprise, un pôle de savoir-faire, de pilotage, de cohérence (garant des solutions cores) et d’innovation autour de l’écosystème SAP. Voilà pour la théorie.
En pratique, on y trouve bien souvent des équipes surchargées, coincées entre les demandes métiers qui veulent tout, tout de suite et les directions des business units qui ne comprennent pas toujours pourquoi « activer un champ » ou un « nouveau process » peut prendre plusieurs semaines.
On ne peut pas juste activer ce champ ? Rapido ? – Un Directeur Business (il se reconnaitra peut-être…
)
C’est en tous cas ce que j’ai vécu pendant prés de 10 ans en tant que Team Leader SAP SD au Centre de Compétences SAP de Smurfit Kappa. Dix années extrêmement riches en nouveaux challenges et projets. Dix années passionnantes.
Nous sommes en 2026 et le Centre de Compétence SAP est en train de muter.
Avant de poursuivre, un peu de contexte…
Le concept de Centre de Compétences SAP a été formalisé par SAP lui-même dans les années 90, notamment avec le modèle des Customer Competence Centers (CCC).
L’idée était simple
créer en interne un groupe d’experts capables de faire l’interface entre la technologie SAP et les processus métiers de l’entreprise, maintenir le système, former les utilisateurs et piloter les évolutions.
Ce modèle a fonctionné pendant plusieurs décennies et les grands groupes industriels, groupes bancaires ou autres acteurs du retail et de la grande distribution ont construit leurs centre de compétences (CoE).
On recrutait des consultants SAP de tous niveaux (pour faire face au différent type de supports), on les internalisait, on créait des référentiels de process, on documentait et on gérait les tickets supports.
Autour de 2015, la « révolution » Cloud a commencé à arriver et avec elle, une question cruciale :
Quel avenir pour le Centre de Compétences dans un monde où SAP pousse de plus en plus vers des solutions cloud, des processus plus standardisés et une logique de « Clean Core » limitant les customisations profondes du système ?
Le Centre de Compétences traditionnel construit sur l’expertise du code ABAP (le langage de programmation SAP) personnalisé et de la configuration fine (parfois même au bord de l’usine à gaz) du système s’est vu questionné dans ses fondations mêmes.
L’arrivée de S/4HANA lancée en 2015 avec une ambition folle et un calendrier qui s’est avéré, disons, optimiste, a plongé les CoE dans un tourbillon de questions stratégiques :
- Comment migrer ?
- Faut-il aller vers le cloud public, vers un cloud privé ou garder un système on-premise ?
- Que faire des milliers de développements spécifiques hérités ?
- Faut-il garder les mêmes compétences en interne ou tout externaliser ?
2026 : Le nouveau visage du Centre de Compétences SAP
La grande migration
En 2026, la migration vers S/4HANA est une réalité qui a avancé mais plus lentement que prévu.
Une majorité des grandes entreprises mondiales ont engagé leur transformation mais beaucoup sont encore à mi-chemin d’un voyage qui a commencé il y a cinq ou six ans.
Les Centre de Compétences qui ont piloté ces migrations ont acquis une expertise précieuse et ce qui a changé profondément, c’est la nature du travail.
Le CoE de 2026 passe moins de temps à développer des personnalisations complexes. Il doit, au contraire, s’assurer que l’entreprise reste dans le standard autant que possible et c’est en ce sens où nous assistons à une révolution culturelle.
– Non, on ne peut pas customiser ça, la best practice SAP dit que…
… voilà une phrase qui provoque encore aujourd’hui des frictions dans les comités de direction, mais que le CoE doit être capable de défendre avec conviction et data à l’appui.
J’ai souvent défendu cette position afin de préserver la cohérence et la stabilité de la solution Core SD européenne et ce n’était pas simple…
Nous devions régulièrement développer des solutions spécifiques pour répondre à des cas d’usage rares, que la direction et/ou les utilisateurs clés métiers tenaient absolument à voir intégrés dans le système. Les négociations étaient mouvementées.
Les développements existent toujours, notamment via ABAP ou des extensions sur des plateformes comme SAP Business Technology Platform, mais la philosophie dominante est quand même de limiter les modifications du cœur du système, surtout dans le cas du Cloud Public.
L’intelligence artificielle s’invite sur le terrain
Si on devait résumer 2026 en un mot pour les CoE SAP, ce serait : IA.
L’IA dans l’écosystème SAP prend plusieurs formes : assistants intelligents, automatisation des processus, analyse avancée des données ou encore copilotes comme Joule, l’assistant IA annoncé par SAP et progressivement intégré dans plusieurs solutions de la suite.
Pour la plupart des entreprises, ces technologies sont encore en phase d’expérimentation ou de déploiements progressifs.
Le Centre de Compétences doit maintenant comprendre ces technologies, les évaluer, décider lesquelles activer, former les utilisateurs à les utiliser efficacement, et surveiller les résultats.
Ce n’est pas un projet pilote réservé à quelques curieux, c’est une composante opérationnelle du métier.
Les centres de compétences les plus avancés ont créé des équipes dédiées, parfois appelées « AI Enablement » ou « Digital Innovation » dont la mission est d’explorer le potentiel de l’IA dans l’écosystème SAP, de prototyper des cas d’usage et d’industrialiser ceux qui apportent une valeur démontrable.
Ce n’est pas toujours simple car non seulement les données SAP sont souvent hétérogènes, les processus métiers complexes, les entreprises concernées sont internationales et les attentes des directions générales parfois déconnectées de la réalité technique.
Moins de silos, plus de fluidité
Le CoE SAP classique était organisé par modules : une équipe FI/CO, une équipe MM, une équipe SD, une équipe technique ABAP, une équipe Infra Basis etc…
Ces frontières, ces silos avaient du sens quand SAP était un ensemble de modules plus ou moins indépendants.
En 2026, avec S/4HANA et l’intégration croissante des processus end-to-end, ces silos deviennent parfois contre-productifs.
Les organisations les plus performantes ont adopté une structure orientée flux de valeur ou processus.
Au lieu d’une équipe Finance SAP qui ne parle pas à l’équipe Achats SAP, on trouve des équipes pluridisciplinaires organisées autour des cycles de process comme Purchase to Pay, Order to Cash, Record to Report ou Hire to Retire.
Ces équipes mixent des experts fonctionnels SAP, des analystes métiers, des développeurs et des spécialistes data et elles travaillent en lien direct avec les directions opérationnelles.
Ce modèle demande un changement de culture important : des experts habitués à travailler en profondeur sur leur périmètre doivent apprendre à collaborer, à comprendre les flux.
Ils doivent aussi parfois accepter que la solution optimale pour un module ne soit pas la solution optimale pour le processus global. C’est du bon sens, mais en pratique, c’est une petite révolution.
Les défis concrets du CoE en 2026
Le talent
Trouver et garder des experts SAP de qualité reste le défi numéro un des Centres de Compétences en 2026.
La demande est structurellement supérieure à l’offre. Les consultants SAP expérimentés, ceux qui maîtrisent à la fois le technique et le fonctionnel, qui comprennent les enjeux métiers et qui savent gérer les parties prenantes préfèrent souvent rester en freelance ou dans des cabinets conseils plutôt que d’intégrer des équipes internes.
Pour contourner ce souci, le développement interne c’est à dire former des collaborateurs issus des métiers (des comptables, des acheteurs, des logisticiens) à devenir experts SAP sur leur domaine, est une piste de plus en plus utilisée.
Ces profils hybrides, mi-métier, mi-techno, sont souvent plus efficaces que des purs techniciens ou consultants SAP qui ne comprennent pas toujours les contraintes opérationnelles des utilisateurs.
Souvenons nous aussi que pour défendre les standards SAP, il faut etre capable d’argumenter et pour ce faire, la connaissance métier est un must have.
Il faut être capable de challenger le business avec du concret, des datas mais aussi la connaissance du métier pour entrer en empathie avec les utilisateurs et apporter des alternatives crédibles.
Ensuite, on peut faire appel comme auparavant aux partenariats avec des cabinets de conseil, des intégrateurs mais dans un modèle repensé.
Plutôt qu’externaliser l’expertise en bloc, les Centre de Compétences les plus intelligents conservent la gouvernance et le pilotage en interne. Ils font appel à des prestataires pour les pics d’activité, les projets spécifiques, ou les compétences très pointues qu’il n’est pas rentable d’internaliser.
Enfin…et c’est là que nous avons une tendance forte, l’automatisation et les outils low-code permettent à des utilisateurs moins techniques de réaliser eux-mêmes certaines configurations ou analyses qui nécessitaient avant l’intervention d’un expert du Centre de Compétence.
SAP Build, par exemple, permet à des key users métiers avancés ou à des « citizen developers« , souvent accompagnés par les équipes SAP/IT de créer des applications simples et des automatisations sans écrire une ligne de code.
Et attention aux boites noires des codes générées par IA. D’où la nécessité d’accompagner les utilisateurs…
Une façon d’étendre la capacité du Centre de Compétence sans nécessairement augmenter ses effectifs.
La gouvernance
La question de la gouvernance est l’une des plus épineuses pour les Centres de Compétences en 2026.
D’un côté, les directions métiers veulent de l’agilité, de la réactivité, et reprochent souvent au CoE d’être un goulot d’étranglement.
De l’autre, le CoE sait que chaque customisation incontrôlée, chaque contournement du standard, chaque exception accordée à un département crée de la dette technique qui se paiera tôt ou tard et généralement lors de la prochaine mise à jour ou migration.
La solution n’est pas de choisir entre contrôle total et liberté totale mais de construire un modèle de gouvernance différencié.
Certaines décisions doivent rester centralisées et nécessitent une revue rigoureuse du CoE, typiquement tout ce qui touche à la structure de données, aux processus core et à la sécurité et aux intégrations critiques.
D’autres décisions peuvent être décentralisées et traitées directement par des key users bien formés dans les métiers.
Ce modèle de gouvernance fédérée, parfois appelé « hub and spoke » est en train de s’imposer dans les grandes organisations.
Le CoE central joue le rôle d’architecte, de gardien des standards, de centre d’expertises et de formateur.
Les équipes locales et/ou les key users avancés dans les métiers gèrent le quotidien dans un cadre défini.
C’est plus complexe à piloter mais c’est aussi beaucoup plus scalable.
Le rapport au prestataire SAP lui-même, une relation ambivalente
Ayant travaillé dans un CoE moi même, je sais que la relation avec SAP en tant qu’éditeur est une histoire d’amour parfois compliquée.
Dans beaucoup de grandes organisations, la relation avec SAP est stratégique et parfois exigeante. L’ERP est au cœur des opérations et les décisions technologiques ont souvent des impacts importants sur l’entreprise.
En 2026, plusieurs points persistent :
Le premier concerne les prix et le modèle commercial : la transition vers les modèles cloud s’accompagne souvent de discussions complexes autour des modèles de licence et des évolutions contractuelles.
Le CoE est souvent au cœur de ces discussions et doit savoir apporter une expertise technique pour éclairer les décisions stratégiques.
Le deuxième point concerne le rythme des mises à jour. Avec les modèles cloud, SAP propose des évolutions fonctionnelles beaucoup plus fréquentes qu’auparavant. Pour le CoE, cela signifie une veille permanente, des cycles de tests réguliers et une communication constante avec les métiers sur les évolutions du système.
C’est un travail qui n’est pas toujours visible, mais qui est vraiment critique et nécessite d’avoir une équipe dédiée et disponible pour cela avec les environnements nécessaires pour les tests.
Le troisième point porte sur la roadmap. Quand SAP annonce qu’une fonctionnalité sera disponible « prochainement », les équipes CoE doivent apprendre à interpréter les roadmaps produits afin d’anticiper les évolutions réelles et éviter de planifier des transformations trop tôt.
Les CoE qui réussissent, ce qu’ils font différemment
Ils ont arrêté de se définir par la technologie
Les CoE performants en 2026 ne se définissent plus par SAP. Ils se définissent par la valeur business qu’ils apportent aux processus métiers (l’IA est aussi un accélérateur de ce changement de paradigme).
La technologie et même SAP est un moyen, pas une fin. Cette distinction semble évidente, mais elle est plus difficile à intégrer dans des équipes d’experts techniques qui ont parfois consacré vingt ans de leur carrière à maîtriser les arcanes de l’ERP.
Cette orientation valeur business se traduit concrètement par des KPI différents. Au lieu de mesurer le nombre de tickets traités ou le taux de satisfaction sur les demandes de support, les CoE avancés mesurent l’impact business de leurs initiatives.
Exemples : réduction du délai de clôture comptable, amélioration du taux de service logistique, diminution des erreurs de facturation, accélération du cycle de conversion cash.
Ils ont intégré la data comme compétence centrale
En 2026, avec l’accélération de l’IA, séparer SAP et la data n’a plus de sens. SAP est le principal producteur de données transactionnelles dans la plupart des grandes entreprises.
Le CoE qui ne comprend pas comment ces données sont structurées, comment elles circulent, comment les nettoyer, les exploiter et les valoriser est un CoE incomplet.
Les Centres de Compétences les plus matures ont intégré des profils data (data engineers, data analysts, voire data scientists) dans leurs équipes. Ces profils travaillent main dans la main avec les fonctionnels SAP pour améliorer la qualité des données, construire des reportings plus intelligents, identifier des anomalies ou des redondances dans les processus, alimenter des modèles analytiques ou prédictifs.
La valeur des initiatives SAP peut être démontrée en chiffres concrets.
Ils ont fait de la formation une priorité stratégique
Le change management et la formation des utilisateurs SAP a longtemps été le parent pauvre des projets.
Budgétée au minimum, la formation était souvent réalisée en fin de projet quand tout le monde était déjà fatigué, sous pression ou au mieux pendant les tests d’intégration avec les key users. Elle était aussi évaluée seulement à travers un questionnaire de satisfaction rempli à la va-vite par des utilisateurs parfois résignés.
En 2026, les CoE qui ont vraiment progressé ont compris que la formation est un investissement continu pas un événement ponctuel et/ou en bout de chaine.
Ils ont développé des académies internes, des contenus digitaux, des programmes de certification maison, des communautés de practice animées régulièrement.
Ils ont formé des ambassadeurs SAP dans chaque département, les key users qui sont le premier niveau de support, les agents d’influence au quotidien et qui peuvent aider à transformer « l’essai » (au sens Rugby du terme) des projets jusqu’à l’adoption.
Et ils mesurent le niveau de compétence de leurs utilisateurs de manière régulière, ajustant leurs programmes en fonction des lacunes détectées.
Ils ont appris à communiquer vers le haut
Un CoE peut faire un travail extraordinaire dans l’ombre et ne pas être reconnu ou pire, se voir réduit faute de budget ou parceque considéré comme une charge pour l’entreprise.
Les CoE qui survivent et prospèrent sont ceux qui ont appris à parler le langage de la direction générale.
Cela signifie traduire des réalités techniques en enjeux business.
Ce n’est pas « nous avons mis à jour le kernel SAP et appliqué 47 notes OSS » mais plutôt « nous avons réduit de 23% le risque de rupture de service grâce à notre programme de maintenance préventive, ce qui protège un chiffre d’affaires mensuel de X millions d’euros. »
Ce n’est pas « nous avons migré le module FI vers S/4HANA », c’est « notre clôture comptable est maintenant deux jours plus rapide, libérant du temps pour l’analyse et la prise de décision. »
Cette capacité à raconter une histoire convaincante, en s’appuyant sur la data, comme en marketing digital, est devenue une compétence aussi importante pour le responsable de CoE que la maîtrise technique de SAP.
Vers le CoE de demain, les tendances à surveiller
L’IA agentique va changer les règles
Les agents IA autonomes capables de réaliser des séquences d’actions complexes sans intervention humaine commencent à faire leur entrée dans l’écosystème SAP.
En 2026, c’est encore expérimental pour la plupart des entreprises, mais la direction est claire. Dans les prochaines années, des agents pourraient gérer automatiquement des processus entiers : réconciliation de comptes, traitement de commandes simples, gestion d’alertes qualité, rapprochement de factures.
SAP explore activement ces possibilités, notamment à travers son copilote IA – SAP Joule et l’intégration progressive de fonctionnalités d’automatisation avancée dans ses différentes solutions.
Pour le CoE, cela soulève des questions interessantes et un peu vertigineuses : si les agents font le travail transactionnel, quel est le rôle des humains ?
Probablement de définir les règles et les cadres de gouvernance, superviser les exceptions, améliorer les processus en continue, analyser les résultats produits par ces systèmes et puis bien sur continuer de traiter ce que les agents ne savent pas encore faire 😉
Le CoE de demain sera moins une équipe de technico fonctionnels qui font le job mais plutôt une équipe d’architectes et de superviseurs de processus automatisés.
La convergence ERP-CRM-data continue
La frontière entre SAP et les autres systèmes de l’entreprise continue de s’estomper.
Historiquement, SAP était principalement perçu comme un ERP transactionnel. Aujourd’hui, l’éditeur couvre un périmètre beaucoup plus large : analytique avancée, gestion de la relation client, commerce digital, gestion des ressources humaines ou encore plateformes d’intégration.
Avec des solutions comme SAP S/4HANA, SAP Customer Experience ou SAP Business Technology Platform, SAP cherche à proposer un écosystème complet couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur digitale.
Cette évolution renforce la nécessité d’avoir une vision transversale des projets, intégrant à la fois les processus métiers, les données, les parcours clients et les architectures technologiques.
Dans ce contexte, certaines compétences issues d’autres domaines, comme la data ou le marketing digital deviennent de plus en plus pertinentes pour comprendre les interactions entre les systèmes et la manière dont la valeur est créée pour l’entreprise.
Mon évolution vers le marketing digital s’inscrit dans cette logique. Elle vient compléter mon expérience SAP avec une approche orientée data, performance et compréhension du parcours client.
Avec le cloud, l’IA et l’évolution rapide des technologies SAP, la capacité à avoir une vision globale des projets et de leurs impacts devient un atout important pour les Centres de Compétences.
Le CoE doit progressivement étendre son périmètre au-delà du cœur ERP traditionnel.
Pour un CoE, vivant et nécessaire
En 2026, le Centre de Compétences SAP n’est pas mort, contrairement à ce que certains observateurs avaient prédit au début de la vague cloud en estimant que la standardisation rendrait l’expertise interne moins nécessaire.
En réalité, le Centre de Compétence s’est transformé.
Le CoE de 2026 est moins un prestataire interne de services IT qu’un partenaire stratégique des métiers.
Il maîtrise non seulement la technologie SAP, mais comprend les processus end-to-end, parle data, intègre l’IA dans ses réflexions, et sait démontrer sa valeur en termes d’impacts business.
Il est organisé de façon plus fluide, moins siloté, plus orientée flux de valeur.
Et il a appris à naviguer dans un monde où l’éditeur change les règles du jeu régulièrement, où on doit former puis retenir les talents et où la direction attend de lui bien plus que de la maintenance.
Le chemin parcouru est réel. Les défis qui restent sont tout aussi réels et énormes.
Mais une chose est certaine. Dans un monde où SAP reste au cœur des opérations de millions d’entreprises à travers la planète, l’expertise pour en tirer le meilleur parti possible ne disparaîtra pas. Elle se transformera, encore et encore.
Et c’est finalement ce qui rend ce métier si exigeant et si passionnant.
Cet article reflète les tendances observées dans les grandes organisations utilisant SAP en 2026. Les situations varient naturellement en fonction de la taille des entreprises, de leur secteur d’activité et de leur maturité digitale.






